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EU Stories participe à la création de Pax Europa

Les équipes de EU STORIES créent, sous l'égide de l'eurodéputé Alain Lamassoure, un observatoire inédit sur la qualité de l'enseignement de l'Histoire.

En mai 2018, EU STORIES se lance dans une étude de faisabilité pour étudier la possibilité de créer un observatoire européen autour de l'enseignement de l'Histoire. L'étude porte en particulier sur la diversité avec laquelle l'Europe est perçue et racontée dans tous les pays européens (manuels, programmes, modalités d'enseignement etc.)


Le mot d'Alain Lamassoure, député européen, président de PAX EUROPA :


"La construction politique de l’Europe est pour nous un projet irréversible, mais encore inachevé.

Il y faudra un siècle. La gageure est de créer une nouvelle entité politique, une communauté

d’Etats souverains combinant l’unité et la diversité. Parce qu’ils sont souverains, et qu’ils sont

démocratiques, donc soumis aux sautes d’humeur de leurs électorats, les Etats concernés

n’avancent qu’à pas comptés vers une vraie vie commune, généralement sous la pression

des crises internes ou externes. Pourtant, le résultat déjà atteint relève du miracle : en deux

générations, les ennemis héréditaires, dont la haine a provoqué deux guerres mondiales et atteint

le sommet de la barbarie humaine, sont devenus des peuples frères.

Fléau récurrent jugé inévitable du temps de nos pères, la guerre européenne est devenue, non seulement impossible, mais inimaginable pour nos fils.

Mais les fondements de cette paix restent fragiles. On découvre que, loin de les renforcer, l’enseignement de l’histoire les fragilise. D’une part, bien qu’elle soit engagée depuis près de soixante-dix ans, la construction européenne n’est, ni un grand sujet de recherche, ni un objet d’enseignement scolaire digne de son importance historique. Après avoir élu le Parlement européen au suffrage universel à huit reprises depuis 1979, nos compatriotes restent des analphabètes de l’Europe : ils en ignorent encore les grands acteurs, l’architecture, les institutions, les acquis, le système de décision. Il a fallu le référendum sur le Brexit pour que le peuple anglais, et ses partenaires continentaux, mesurent par l’absurde tout ce que la participation à cette famille originale de peuples libres leur ont apporté.

D’autre part, des pays libérés relativement récemment de régimes dictatoriaux ou totalitaires ont été amenés à réécrire leur histoire nationale. Or, il existe parfois des blessures anciennes mal cicatrisées, et des lieux où des fantômes continuent de hanter le débat public. La tentation est forte pour les autorités politiques concernées d’enseigner aux jeunes générations leur vision de l’histoire nationale, à la manière dont procédaient leurs prédécesseurs du XIXe siècle : un « roman national », qui tient plus, en effet, du roman que de l’histoire objective. Et voilà que, vingt ans après, le discours de haine est réapparu dans le débat public de tous les pays européens. 

On voit renaître de nouvelles formes de chauvinismes nationaux, nourris du rejet de l’Autre, anti-européens, parfois régionalistes. Le souverainisme n’y est que le nouveau nom du nationalisme, comme la xénophobie la traduction distinguée du vulgaire racisme. Nous avons vaincu le nationalisme, mais nos écoles forment les nouveaux nationalistes ! Et nul ne s’en préoccupe.

Eh bien, justement, occupons-nous en ! Mettons en place un observatoire chargé d’évaluer la manière dont est enseignée l’histoire dans les pays membres de l’Union européenne.

Avec un critère central : cet enseignement sert-il la cause de la paix ? A l’intérieur du pays, en Europe et hors d’Europe ? Il ne s’agit pas d’encourager une vision pacifiste ou irénique du passé. Ni de contester que chaque peuple ait besoin d’enseigner d’abord sa propre histoire à ses enfants. Mais le choix des sujets, des faits, des personnages, des périodes, des références, la manière dont sont relatés conflits et tragédies du passé peuvent raviver les passions ou les apaiser.

L’enquête se concentrera sur trois points :

  • Le processus de choix. Qui décide des programmes d’histoire dans l’enseignement obligatoire ? La décision de fait appartient-elle à une autorité académique ou à l’autorité politique ? Quelles sont les instructions ou recommandations données aux enseignants ? Les manuels sont-ils autorisés, labellisés, censurés ?

  • L’esprit de l’enseignement. Comment apprécier la qualité du contenu de cet enseignement et son degré de liberté par rapport aux préjugés nationaux ? Quels sont les sujets ou périodes retenus pour l’examen de fin d’études secondaires ? Le statut des langues étrangères et des langues minoritaires mérite aussi d’être pris en considération.

  • La place de l’Europe. Quelle est la place faite à l’histoire de la construction européenne dans cet enseignement et dans cet examen final ? Dans les cours d’histoire ou d’instruction civique, les institutions de l’Union et les valeurs de la Charte des droits fondamentaux ont-elles leur place ? Au-delà de l’enseignement proprement dit, la recherche historique du pays s’intéresse-t-elle à la construction européenne (sujets de thèse), et quelle part la production éditoriale y consacre-t-elle ?

L'étude sera réalisée pour Mai 2019, à l'aube des nouvelles élections européennes.


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